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1 mars 2012 4 01 /03 /mars /2012 09:51

   La première fois que nous avons pris la route vers Siem Reap, ce devait être en 1961. Nous étions accompagnées du professeur américain Bob Foss.

   Hélas ! Il nous fallut arrêter à Kompong Cham, les routes n'étant pas praticables au-delà de la ville pour cause d'inondations.

   Nous fûmes hébergés par un ami américain de Bob. Je me souviens du délicieux repas français que nous servit la bep (cuisinière) vietnamienne. Les cuisinières de cette nationalité étaient très côtées sur le marché. Elles étaient de fins cordons bleus formées par les "madames" françaises de l'ancienne Indochine.

  Mais elles avaient un prix, seuls les Américains ou les personnes fortunées pouvaient s'offrir leurs services. Bob était francophile. Il ne le cachait pas alors que les représentants officiels des USA n'encourageaient pas, loin s'en faut, les relations avec ces diables de Français encore bien présents sur le sol cambodgien quelques années après l'indépendance sous forme de coopérations diverses.


  Nous avons alors pris le chemin de Oudong, ancienne capitale du royaume. Ce fut une visite charmante dans ce lieu aux pierres colorées. En voici quelques photos dont les stupas blanchâtres.

 

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Je suis au premier plan coiffée d'un bob blanc .

 

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   A cette époque, peu ou pas de visiteurs cambodgiens ou occidentaux à Oudong.

 

   Ce n'est qu'en 1964 que nous reprîmes le chemin de Siem Reap avec notre vaillante Deux Chevaux. Cette fois le voyage fut sans encombre. Nous avons dû prendre le bac et nous avons alors fait connaissance de ce fier matelot en uniforme.

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   Nous nous essayâmes à quelque marchandage. Le problème fut de pouvoir ramener l'arbalète en France où il trôna de longues années comme trophée dans la maison paternelle. Sur la photo, le jeune vendeur tient à la main des cloches en bois et bambou pour la résonance, destinées aux vaches. En 2005, j'en ai acheté de similaires preuve que le savoir-faire artisanal cambodgien n'a pas totalement disparu.

 

 

  5.5

 

   Et puis, nous avons sillonné le site d'Angkor par nos propres moyens. A cette époque, pas de tuk-tuk, pas de cars, pas de guides ni d'échoppes pour tenter le chaland. Il est vrai que les visiteurs étaient fort rares tant Cambodgiens qu'Occidentaux ou Asiatiques en général. C'était plutôt confidentiel. Des Français résidant au Cambodge ou des touristes des USA facilement reconnaissables à leurs accoutrements sophistiqués formaient l'essentiel des rares groupes que l'on retrouvait principalement  d'ailleurs à Angkor Wat. Pour les plus téméraires, il fallait de l'obstination pour parcourir la forêt et repérer les autres ruines impressionnantes dans leur majesté et leur solitude.

 

   Pourquoi si peu de monde ? J'avance quelques explications. Les automobiles particulières étaient rares, les cars bringuebalants, le voyage long et surtout onéreux. Pour faire leurs dévotions, les Cambodgiens se rendaient aux pagodes de leur lieu d'habitation où ils avaient leurs habitudes.

 

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   En 2005, j' y suis retournée, Angkor était devenu un site prisé où se retrouvaient de multiples nationalités avec ses avantages et ses inconvénients. De nombreux Cambodgiens y viennent en pélerinage. Beaucoup d'entre eux s'improvisent guides pour y emmener les "Cambodgiens de l'extérieur" venus de l'étranger rendre visite à leurs familles ou ce qu'il en reste dans leur pays d'origine.


   Je me réjouis de cette réappropriation d'Angkor par les Khmers tout comme je me plais à lire sur le Web que le Bokor dont on peut contester les projets pharaoniques en cours soit envahi par le peuple cambodgien toutes les fins de semaine. Enfin, il est à eux ce mont qui est resté bien après l'Indépendance un fief français. A part les joueurs du casino, en majorité asiatiques, peu de Cambodgiens y montaient. Admiré ou craint pour ses bons ou mauvais génies, c'était le dernier refuge nous affirmait notre fidèle servante Phon en cas de guerre.


   Les Khmers Rouges en ont décidé autrement.


  Son mari, militaire dans l'armée de Lon Nol, fut exécuté par les KR. Sa maison fut détruite. Ses deux petites filles moururent de faim. Seule Phon a survécu.

En 2005, lors de mon retour au Cambodge, je l'ai retrouvée saine et sauve à Kampot.

 

 

Pour lire ces retrouvailles allez sur :

                    khmercanada.voila.net

kampot 1960-65

lycée preah reach samphear

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